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Un écosystème oasien et un savoir faire à préserver

Pour une reconnaissance du patrimoine de Figuig

La dégradation et l’appauvrissement continus de l’héritage culturel et de la biodiversité naturelle, l’absence d’une politique urbaine et patrimoniale efficaces et le faible intérêt accordé aux tissus urbains anciens par les concepteurs des documents d’urbanisme ainsi que la négligence évidente des dispositions du code d’urbanisme (loi 12-90), (loi 22-80) relative à la conservation du patrimoine culturel posent également de sérieux problèmes pour l’avenir de l’écosystème oasien tout entier. Ces changements sont à l’origine de besoins et de désirs nouveaux, de la part des habitants qui subissent les influences culturelles des travailleurs émigrés et celles liées aux progrès techniques mondiaux, sans toutefois en contrôler les dérives. Ainsi, l’architecture traditionnelle est aujourd’hui dévalorisée aux yeux d’une grande part de la population qui lui préfère, de façon légitime, le modèle d’habitation isolé porteur du confort moderne, adopté dans les zones d’extension des ksour. Si bien que l’urbanisation rapide de l’oasis a participé à l’altération du site, ceci a amené à :

1-  La dislocation des valeurs traditionnelles (la gestion communautaires des ressources, la vie en collectivité et la solidarité) et à l’effondrement du système socioéconomique traditionnel à cause de  la dévalorisation du travail de la terre,

2-  La dévalorisation de l’habitat traditionnel  qui  est devenu  une référence à la vie rurale et synonyme de pauvreté, de précarité et de manque d’hygiène (Fadli, 1997, p.129),

3-  L’éclatement des Ksour remplacés par des quartiers dispersés de facture occidentale empiétés le plus souvent sur les terrains de culture,

4-  L’exode vers les villes car le déclin de l’économie oasienne associée à la concentration des biens et des services dans les grandes villes (surtout l’axe littoral), suite à une politique d’aménagement du territoire héritée de l’époque coloniale. Les populations de l’oasis sont impliquées dans un mouvement d’immigration qui risque dans les années à venir de vider cette  région de son potentiel humain.

La trilogie fondée sur l’eau, la palmeraie et l’habitat, base de l’écosystème oasien, est très menacée face aux mutations imposées et qui remodèlent non seulement les aspects socio-économiques mais aussi socioculturels.

La situation en déclin des ksour de Figuig a été observée tant par ses anciens habitants que par les organisations internationales  et par les décideurs au niveau des collectivités locales ou au niveau des services déconcentrés de l'état. Tous ces acteurs sont conscients de la  nécessité d'une intervention urgente pour la sauvegarde et la réhabilitation de ce patrimoine. Si le problème qui se pose dans les pays développés est de rétablir un savoir faire qui a disparu pour développer  une bio architecture ou une architecture durable ou pour mener des actions de restaurations ; par contre le problème ici à Figuig est de préserver ce savoir faire qui existe et qui peut être transféré et croisé avec d’autres expériences. Les techniques de construction locales sont encore conservées, elles peuvent même servir de modèle à l’échelon universel pour ce qui est de la construction en terre (Begdouri Achkari 2002, pp.112-113).

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